Home > Actus > Jette, l’ancien et le nouveau

Les générations se parlent-elles encore? Et où les jeunes peuvent-ils encore croiser leurs aînés? Le Miroir, Cardinal Mercier: deux places, deux ambiances. À Jette, tout le monde vous dira que la première, où se situe le Sportwereld, est plutôt le bastion des plus âgés. Un repaire du Jette d’autrefois. Tandis que la place Cardinal Mercier, distante de 900 mètres, est le lieu de sortie des plus jeunes.

La matérialisation géographique d’un fossé entre les générations de Jettois? Martine, 58 ans, travaille dans l’horeca: « Il y a le Jette des personnes âgées, le Jette écolo, le Jette des plus pauvres… » énumère-t-elle. « Les gens vont moins au café qu’avant. Je ne sais pas si c’est à cause de la crise ou par habitude. Moi j’y vais toujours pour rencontrer des gens, voir mes amis. Les gens s’encanaillent moins », pense-t-elle. La marginalisation des « caberdouches », un regret pour les Bruxellois les plus âgés.

« Il y a toujours un vrai esprit village à Jette », rétorque Kelly, responsable du rayon jeunesse de la librairie « Mot Passant ». « Je passe rarement des soirées de l’autre côté du Canal. J’ai tout ici: ma bande de copains depuis les années d’école, mes parents, mon travail. Jette c’est la capitale du Nord-ouest de Bruxelles. Habiter ici, c’est un peu le secret le mieux gardé de la capitale », sourit la jeune femme de 30 ans. « Mais je reconnais que je sors moins en ville. On privilégie les soirées spaghetti chez les amis ».

Les jeunes aussi ont leurs repaires à Jette. On file du côté de la place « Cardi », un vendredi soir. Le lieu incontournable des soirées pour les 18-35 ans, c’est « l’Excelsior ».

Audric, Nikita, Raphaël et Charline, tous les quatre âgés de 20 ou 21 ans battent en brèche l’idée d’une commune où jeunes et vieux ne se croisent jamais: « Selon l’endroit où on sort, on s’attend à différentes ambiances, mais on sait s’inviter partout », argumente Audric, étudiant à Saint-Louis. « C’est justement la particularité de mes soirées à Jette: c’est très intergénérationnel, poursuit Nikita. Tiens! Juste avant j’ai croisé mon ancien prof de sports. Il est retraité maintenant ». « L’Excelsior » brasse tous les âges. Non, à croire ces jeunes étudiants, la fracture serait moins à chercher entre les générations qu’entre les communautés.


sourcehttp://plus.lesoir.be