Interpellation sur l’avenir du service alimentaire du Centre d’Entraide de Jette (CEJ)

Madame la Bourgmestre,

Nous avons tous été interpellés ces derniers jours par le courrier du Centre d’Entraide de Jette, qui tire la sonnette d’alarme quant à la poursuite de son service alimentaire. Un service qui, faut-il le rappeler, existe depuis de nombreuses années et qui soutient chaque semaine plus d’un millier de Jettois.e.s en situation de précarité.

À la lecture du résumé financier 2019–2025 transmis par le CEJ, la situation est plus qu’inquiétante.

Entre 2019 et 2022, le nombre de familles aidées a plus que doublé, passant de 292 à 607, et le tonnage de denrées distribuées a été multiplié par quatre, passant de 77 à 287 tonnes par an. Ces chiffres traduisent une hausse constante des besoins sociaux dans notre commune, à laquelle le CEJ a répondu avec professionnalisme, engagement et efficacité. Or, pour l’année 2026, le budget prévisionnel du service montre un déficit de près de 59 000 euros, conséquence directe de la suppression de la subvention du CPAS de 45.000 euros.

Le document est explicite: « si non financé par le CPAS – arrêt de l’activité ». Autrement dit, sans refinancement, le service alimentaire du CEJ est menacé de fermeture dès l’an prochain. Dans un contexte où les prix alimentaires explosent, où les files d’attente des distributions s’allongent et où les familles fragilisées sont de plus en plus nombreuses, cette perspective est tout simplement inacceptable.

Madame la Bourgmestre,

  • Pouvez-vous nous expliquer pour quelles raisons le CPAS a décidé d’interrompre ce financement structurel?
  • Cette décision a-t-elle fait l’objet d’une concertation avec le CEJ ou d’une analyse d’impact sur les bénéficiaires?
  • Quelles solutions de remplacement le Collège envisage-t-il pour assurer la continuité de l’aide alimentaire à Jette?
  • Enfin, la Commune compte-t-elle mobiliser d’autres leviers pour garantir la survie de ce service essentiel?

Derrière les tableaux financiers, il y a des visages, des familles, des enfants. Le CEJ ne parle pas ici de chiffres, mais de repas distribués, de dignité préservée et de solidarité concrète. Fermer ce service reviendrait à abandonner une part de cette solidarité jettoise que nous devons au contraire renforcer.

Je vous remercie.